Assise sur le fond de la pièce, le néon qui se battait en duel avec un éphémère, je regardais intensément mon verre. On peut même dire que je contemplais ses bulles. Tout à coup je sombre dans un entre deux mondes. Là où les rêves ne sont que réalité. Commence alors une course à l'aveuglette au dessus des nuages. Contre des avions, des oiseaux, et pourquoi pas une fusée? Le monde est vivant là haut. Je tourne sur moi-même, si bien que le ciel n'est plus qu'un tourbillon bleu et blanc. Je me retourne, en riant, comme pour surprendre un passant. Comme si il y avait quelqu'un d'autre dans les nuages... Un mouton des airs semble m'appeler, pour une course contre la montre. Les aiguilles s'entre choquent, le tic-tac se fait mélodie... "Slow down, I can't keep up with you" comme Bobby. Les bulles éclatent, ma boisson devient de plus en plus plate. Je sors de mes idées, j'étais une fois de plus dans les nuages. La réalité semblait meilleure à l'intérieur. Je rêve trop, je fais encore des voeux à la vue des comètes, avant c'était à la vue des "gomètes", mais tout le monde grandit. "Le monde appartient à ceux qui rêvent trop" comme Grand Corps Malade. Je me lève, je bois mon verre d'une traite, prenant un malin plaisir à attraper les glaçons, pour les croquer en partant. Je recommence à courir, cette fois dans leurs réalité. Du monde je veux recourir, mes rêves il recouvre. Je suis dedans, je suis dehors... Plusieurs images viennent me fouetter le visage : Barbe à papa, barbe de Papa, milk-shake, bulles, pomme d'amour. J'ai des envies, des envies de vivre. Je commence alors à écrire mon identité partout, sur la buée des grandes baies vitrées des restaurants et des bars, celles des taxis, des voitures des inconnus. Car j'existe, comme un éphémère. "Les paroles s'envolent, les écrits restent" comme le dicton.